Site de la Crypte

seraphin

Petit Synaxaire

Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour

saint Nicolas le StuditeSaint Nicolas le Studite
confesseur (793-868)

Fête au 4 février

Le 4 février l'Église orthodoxe fête la mémoire de notre vénérable saint Nicolas le Studite, confesseur.

Né en Crète, en 793, saint Nicolas fut envoyé par ses parents dès l'âge de dix ans au monastère du Stoudion, où son oncle était moine, pour y recevoir l'enseignement de saint Théodore [11 nov.], dont il devint bientôt le disciple exemplaire, dévoué même après la mort. Il grandit dans la vertu et la sagesse et, une fois moine, il devint le tachygraphe personnel de saint Théodore. Mort à toute volonté propre, il ne vivait que pour le Christ présent en la personne de son père spirituel et obéissait docilement à tous les frères. Dans la mesure même où il descendait ainsi dans l'abîme de l'humilité, l'amour divin dévorait en lui les penchants de la chair et les besoins naturels du corps. Admiré par tous les moines pour son abstinence, ses veilles, son silence et sa prière continuelle, il fallut faire violence à son humilité pour lui faire accepter le sacerdoce.

Il demeurait ainsi en paix dans le monastère, comme dans un paradis terrestre, éclairé par la lumière de l'enseignement de Théodore, quand l'empereur Léon VI l'Arménien (815), déclenchant une nouvelle persécution contre les saintes icônes, fit disperser la communauté du Stoudion et exila Théodore dans la forteresse de Métope dans l'Hellespont. Saint Nicolas suivit son père spirituel et endura avec lui, de plein gré, les mauvais traitements et les privations, le réconfortant et transcrivant ses enseignements qui, secrètement transmis à ses disciples dispersés, soutenaient avec force la cause de l'Orthodoxie. Une des lettres copiées par Nicolas ayant été interceptée et l'empereur ayant appris que l'exil des Studites tournait plutôt à leur avantage, il fit flageller jusqu'au sang les deux confesseurs qu'on laissa presque sans vie sur la terre gelée. Ils ne parvinrent à se rétablir qu'en bandant mutuellement leurs plaies avec quelques loques concédées par leurs gardiens. On les transféra ensuite dans la forteresse éloignée de Bonita, puis dans la région de Smyrne, où ils furent réduits à quasiment mourir de faim dans une sévère réclusion.

À la mort de Léon V (820), le nouvel empereur Michel II, bien qu'iconoclaste, permit la libération des confesseurs. Théodore et Nicolas retournèrent alors lentement à pied vers
Constantinople. Mais, l'entrée de la capitale leur ayant été interdite sur ordre de l'empereur, ils ne purent regagner leur monastère et trouvèrent refuge à Chalcédoine, où ils revirent avec joie le patriarche Nicéphore [2 juin], qui admira en leurs corps meurtris les marques de la Passion de notre Seigneur. Ils vécurent ensuite quelque temps au monastère de Saint-Tryphon au cap Akrytas, puis passèrent dans l'île de Prinkipo, où saint Théodore remit son âme au Seigneur, le 11 novembre 826. Saint Nicolas, demeurant fidèle disciple même au-delà de la mort, fixa sa résidence près du tombeau de son père spirituel et y persévéra dans le jeûne, la veille et la prière.

Pendant la persécution sauvagement déclenchée par l'empereur Théophile (829-842), les moines ayant été de nouveau dispersés et soumis à toutes les cruautés imaginables, saint Nicolas trouva asile dans la banlieue européenne de Constantinople, à Firmopolis, dans la propriété d'une pieuse dame, propriété qui devint par la suite une dépendance du Stoudion. L'Orthodoxie ayant été restaurée après la mort du tyran par les soins de son épouse Théodora et du patriarche saint Méthode (842), les confesseurs purent regagner leurs monastères et le Stoudion retrouva la gloire qu'il avait au temps de saint Théodore, avec saint Naucrace à sa tête [18 avril]. Quand les précieuses reliques de saint Théodore furent transférées, comme il se devait, à son monastère [26 janv.], saint Nicolas regagna lui aussi le Stoudion, en se préservant au sein de la communauté une sainte et rigoureuse retraite. Mais à la mort de Naucrace, sur l'insistance des frères, il dut accepter contre son gré de prendre sa succession. Au bout de trois ans, l'amour de la quiétude (hésychia) l'emportant, il désigna le vertueux Sophrone comme remplaçant et regagna sa retraite de Firmopolis (850). Toutefois il ne put en jouir que peu d'années, car à la mort de Sophrone les Studites vinrent réclamer le retour de leur père.

La déposition du patriarche Ignace et les troubles qui agitèrent l'Église à la suite de l'élection de saint Photios furent l'occasion de nouveaux tourments pour cet amant de la solitude. Considérant comme invalide l'élévation subite d'un laïc au trône patriarcal, Nicolas préféra se retirer dans une dépendance du monastère, Prénétos, située sur le golfe de Nicomédie. Il y reçut la visite de l'empereur qui tenta vainement de vaincre sa résistance. Alors chassé de sa retraite, il passa de lieu en lieu, accablé par l'âge et par la fatigue, et trouva finalement refuge dans une maison offerte par un riche bienfaiteur de Constantinople, laquelle devint bientôt, grâce à lui, un véritable monastère. Mais toujours pressé de reconnaître saint Photios et ne voulant pas trahir sa conscience, il quitta cette récente fondation pour l'île de Proconnèse, puis pour Mytilène et Cherson. Au bout de sept années, il fut reconduit de force au Stoudion et y fut enfermé comme un prisonnier, sujet à de nombreuses vexations pendant plus de deux ans, jusqu'à l'élévation au trône de Basile le Macédonien (867-886), qui rétablit le patriarche Ignace et tenta de convaincre Nicolas de reprendre le gouvernement du Stoudion. Mais celui-ci, prétextant l'âge et la maladie, préféra rester en dehors de toute affaire humaine, pour se préparer à l'éternel repos qu'il trouva le 4 février 868, à l'âge de soixante-quinze ans.

Au prix de ses travaux ascétiques et d'un renoncement continuel à sa volonté propre, saint Nicolas avait réussi à vaincre en lui tout esprit charnel et à s'offrir comme instrument docile à la grâce divine qui opéra par lui de nombreux miracles. Il guérit l'épouse de l'empereur Basile, Eudoxie, et Hélène, la femme du patrice Manuel, en leur apparaissant en rêve. Il prophétisait l'avenir à ceux qui venaient le visiter et le jour même de son décès, appelant ses moines auprès de lui, il leur demanda s'ils manquaient de quelque chose. Ils répondirent : « Du blé ! »Le mourant dit alors : «Celui qui a réconforté Israël dans le désert vous enverra du blé en abondance dans trois jours ». Effectivement, le troisième jour après le repos du saint, un navire chargé de grain, envoyé par l'empereur Basile, abordait au port du monastère.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour