Paroisse de la Ste Trinité

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Élisabeth Behr-Sigel

 
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Le numéro 256 de Contacts

Couverture Contacts N° 256 Sommaire du numéro 256 :

Liminaire
Aux sources du Renouveau eucharistique
Introduction à l'essai de Nicolas Afanassieff Le Repas du Seiqneur par Christophe D'Aloisio
Le Repas du Seigneur par Nicolas Afanassieff
   Avant-propos
Chapitre Ier. "Lorsque vous vous rassemblez en Église" ...
1. "Toujours tous et toujours ensemble"
2. L'unicité de l'assemblée eucharistique
Chapitre II. La concélébration
1. L'évêque comme officiant de l'Eucharistie
2. La concélébration du peuple et de l'évêque
3. Le presbytre comme officiant de l'Eucharistie
4. La concélébration des presbytres
Chapitre III. La communion
1. La "koinonia" au Corps et au Sang du Christ
2. La participation au repas du Seigneur
Chronique
Bibliographie

Liminaire

Il y a cinquante ans exactement, le 6 décembre 1966, Nicolas Afanassieff, un grand théologien orthodoxe de l'émigration russe, quittait ce monde en laissant une œuvre majeure qui allait largement contribuer au renouveau de la réflexion théologique chrétienne – et notamment orthodoxe – sur l'être et la vocation de l'Église.

Professeur à l'Institut Saint-Serge à partir de 1930, il y enseigna jusqu'à sa mort l'histoire de l'Église ancienne et le droit canon. Il a formulé, à partir d'une étude très précise des épîtres pauliniennes, les principes de "l'ecclésiologie eucharistique", point de départ de l'ecclésiologie de communion qui, aujourd'hui, s'est plus ou moins imposée dans la plupart des confessions chrétiennes. Observateur au concile Vatican II, il fut le seul auteur non catholique dont l'œuvre fut citée au concile. Selon Afanassieff, le mystère de l'Église se réalise pleinement dans la communauté locale réunie avec son évêque autour du calice eucharistique pour célébrer le "Repas du Seigneur" (1 Co 11,20). Il existe une pluralité de manifestations de l'Église de Dieu, pourtant toujours identique à elle-même dans les différentes réunions eucharistiques : là où est célébrée l'Eucharistie, là est la plénitude de l'Église.

Afanassieff a recentré la grande intuition de la sobornost des penseurs slavophiles en lui donnant pour fondement la communion eucharistique. À la suite du théologien russe du XIXe siècle A. Khomiakov, il souligne que la catholicité de l'Église est d'abord qualitative. Chaque Église locale reçoit la catholicité du Christ mais l'Église entière n'a pas davantage de plénitude que chaque Église locale.

L'Église n'est pas une simple institution religieuse hiérarchique fondée par Jésus-Christ et chargée de défendre des "valeurs chrétiennes" en répondant, au moyen de ses rites et de ses canons, à des "besoins liturgiques et pastoraux". Dès le baptême, elle offre le mystère du partage – en assemblée – de la vie même du Ressuscité dans le souffle de l'Esprit Saint, si bien qu'elle est appelée par saint Paul le Corps du Christ, ce qui est expérimenté concrètement lors de l'Eucharistie.

Pour le cinquantième anniversaire du repos en Christ du Père Nicolas Afanassieff, la revue Contacts est en mesure d'offrir la première traduction en langue française (et sans doute dans une langue occidentale) de la première monographie sur le sens de l'Église de ce grand théologien orthodoxe : Le Repas du Seigneur, parue en russe à Paris en 1952.

Le Père Christophe D’Aloisio, spécialiste de l'œuvre d'Afanassieff nous introduit à la lecture de cette étude d'une singulière fraîcheur, simultanément historique, théologique et spirituelle, sur la célébration eucharistique dans l'Église ancienne et ses enjeux. La conclusion, aux antipodes de l'individualisme moderne, tient dans une expression très simple du mystère ecclésial : « toujours tous et toujours ensemble ».

→ site de Contacts Revue française de l'Orthodoxie

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