22,35 L'un des Pharisiens lui demanda pour l'embarrasser :
36 "Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ?"
37 Jésus lui dit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit :
38 voilà le plus grand et le premier commandement.
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes."
41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question :
42 "Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ?" Ils lui disent : "De David" --
43 "Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit :
44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds ? (1)
45 Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ?"
46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger.
Commentaire patristique par saint Cyrille d'Alexandrie
Je crois qu'il nous faut leur faire entendre ces mots que le Christ en personne disait aux dirigeants juifs "Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le fils ?" Et s'ils disent "de David", ils entendront de nous cette réponse : "comment alors David, inspiré par l'Esprit, peut-il l'appeler Seigneur en disant Le Seigneur a dit à mon Seigneur, siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis l'escabeau de tes pieds. Si donc David, inspiré par l'Esprit, l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?"
D'après les gens d'en face, celui qui n'est pas véritablement Fils par nature siégerait auprès de Dieu ; il serait, allons donc, sur le même trône que le Tout-Puissant? Pourtant, comme le déclare le très sage Paul, "à aucun des anges le Père n'a jamais dit Tu es mon fils, ni Assieds-toi à ma droite". Alors comment serait-il dans les suprêmes honneurs, sur le trône de la divinité, ce fils d'une femme, au-dessus de toute Principauté, Seigneurie, Trône, Puissance, et de quelque nom que l'on puisse nommer ?
Remarque les paroles du Seigneur : "Donc, si David, inspiré par l'Esprit, l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?" Elles persuadent quiconque a le souci de la vérité que le Verbe, en se rendant participant de la chair et du sang, n'en est pas moins resté, même alors, Fils unique. Qu'il soit Dieu, il en donne pour témoignage son excellence et sa seigneurie toutes divines ; qu'il se soit manifesté comme homme, il l'indique fort clairement en se faisant appeler fils de David.
Deux dialogues christologiques SC 97 pp. 387-389